Alpinisme dans la Drôme: une belle histoire !

Publié le par manu ibarra

Les montagnes drômoises ne proposent pas de sommet de haute altitude aux neiges éternelles ; mais leurs présences continues dans le paysage à toujours rendu les habitants de ce département montagnards, soit par nécessité : chasse, bûcheronnage, charbonnage, transhumance, mais aussi par pur plaisir du sommet gravi.

Nuls sommet drômois n'est inaccessible au marcheur, la période des conquêtes héroïques de l'alpinisme ne touche donc pas notre département. Il faudra attendre la période tardive dite de « l'alpinisme sportif » pour y voir une activité alpine intense.

Dans l’histoire de l’alpinisme, le premier acte de conquête gratuite d'un sommet utilisant des techniques d'escalade fut celle du Mont Aiguille. Bien que ne faisant pas partie du département de la Drôme mais de celui voisin de l’Isère cette histoire est drômoise par ses acteurs.

Le roi Charles XIII charge Antoine de Ville, capitaine de Montélimar et de Saou, de gravir le Mont Inaccessible plus tard nommé Mont Aiguille. Chose faite sous contrôle d'un huissier le 26 juin 1492. Antoine de Ville est assisté par une équipe de spécialistes de l’assaut des places-fortes ainsi que des drômois : Cathelin Servet, maître tailleur de pierre de l'église Sainte Croix de Montélimar, Pierre Arnaud maître charpentier de Montélimar, Jean Lobret, habitant de Die.

En 1889 est créé le Club Alpin Français section valentinoise après celui de Paris premier de France en 1874 et après l'Alpin Club premier club au monde en 1857 à Londres, car de fait l'alpinisme est né anglais.

Photo de la première ascension de la dent de Die.

Photo de la première ascension de la dent de Die.

La première réalisation alpine sur le département fut sans nul doute la première ascension de la Dent de Die en 1912 par deux habitants de Die (A Viageat et A Carton) qui fixèrent cet exploit sur une plaque de verre photographique.

 

Dans les années 1930 commence une forte activité de ski sur le Vercors. A l'époque point de remontées mécaniques, les skieurs montent avec des peaux de phoques les pentes du plateau de Beurre. La différenciation entre ski alpin, ski de fond et ski de randonnée n'existe pas encore. La première remontée mécanique du col du Rousset est un « télétraineau » construit en 1938. Les clubs actifs de l'époque sont le CAF de Valence et les Ours du Glandasse, club de Die fondé en 1927 sous l'impulsion d'Henri Audra  industriel[1] local.

Les arêtes du St Julien. La traversée se fait de gauche à droite.

Les arêtes du St Julien. La traversée se fait de gauche à droite.

Si le Vercors présente les plus impressionnantes faces rocheuses, les arêtes du St Julien qui dominent  d'une bonne centaine de mètres le bourg du Buis en Baronnies  fut le premier itinéraire rocheux d'envergure gravi dans le département.
Dès 1932 un américain Paul Leroy Edwards et son guide Alfred Couttet de la prestigieuse compagnie des guides de Chamonix se lance dans l’aventure, ils n’arriveront pas au sommet. Ce guide reviendra deux fois pour achever ce projet sans succès. Notamment avec le porteur Demarchi avec qui il atteindra le sommet où il laissera un message dans une bouteille. Mais s’échappant, ils n’arriveront pas au bout de cette traversée. C’est seulement le 31 mars 1946 après 3 tentatives que la traversée intégrale est réussit par une cordée valentinoise : Auguste Ferrière accompagné de Maurice Donjon.

Couttet ne lâcha pas le morceau, il revient terminer son projet le 24 août 1946 avec un membre de la section du CAF de Chamonix. Comme vous pouvez le voir dès l’avant guerre les falaises drômoises font partie de l’imaginaire non seulement de la plus fameuse compagnie de guides de l’époque (avec celle de Zermatt) mais aussi d’alpinistes internationaux. Gravir les grandes parois de notre département (3Becs, Archiane, Glandasse) semblait dans en ces temps complètement impossible. Il faudra attendre les années 60/70 pour que les grands noms de l’époque se sentent suffisamment armés pour les affronter. 

En 1951, une très forte cordée composée de Jean Couzy[2], G Fraissinet et A Vialatte entrouvre la porte en traçant la première voie du Vercors (hors Mt Aiguille) sur la paroi du Jardin du Roi, haute de plus de 400 mètres dans le cirque d'Archiane, cette voie est nommée Voie Initiale. Voie reprise dès 1954 par M Begou des Ours du Glandasse.

La muraille du Glandasse plus de 400 m de roc.

La muraille du Glandasse plus de 400 m de roc.

Il faudra attendre quelques années pour qu'un « local«, Jean Louis Bernezat[3], jeune alpiniste valentinois et futur grand guide spécialisé dans les escalades aux Hoggard accompagné de R Guinot ouvre en 1957 une nouvelle voie Initiale... au Glandasse, cette fois ci, muraille qui elle aussi dépasse les 400 mètres.

A cette époque là, le monde de l'alpinisme français découvre les grandes faces rocheuses. L'Eldorado de l'époque se nomme Dolomites mais il est bien loin pour les grimpeurs français. Rapidement les regards des alpinistes les plus en vue se tournent vers la vallée de la Drôme et ses hautes parois : Glandasse, Archiane, 3 Becs...appelées petites Dolomites Françaises.

Ainsi pendant plus d'une vingtaine d'années des lieux comme l’abbaye de Valcroissant, le village d'Archiane, la ferme de Monsieur Brun à la Chaudière deviendrons le rendez-vous incontournable des acteurs du plus haut niveau de l'époque à la recherchent de course d'entraînement,de beau temps… et de premières ascensions.

Les prétendants se partageaient en petits groupes suivant leurs origines géographiques.

Les marseillais, emmenés par leur truculent leader Georges Livanos tracent de grands itinéraires toujours d'actualité : Pilier Livanos au Jardin du Roi à Archiane(1959), Voie Livanos aux Glandasse, aux rochers des Heures (1961), Arête SE du Signal aux 3Becs, à la Tête du Jardin à Archiane (1967)...

Encore récemment au pied du rocher d'Archiane Jean-Pierre Frésafond et Live Sansoz.

Encore récemment au pied du rocher d'Archiane Jean-Pierre Frésafond et Live Sansoz.

Les Lyonnais sous l’impulsion de Dominique Leprince-Ringuet[4] grimpeur exceptionnel, accompagné le plus souvent par J-P Fesafond ouvrent surtout au Glandasse : les voies de la Pentecôte et de l'Arche Romane en 1963, de la Cheminée Centrale en 1964, le pilier Leprince-Ringuet en 1966 et à Archiane : la voie Sans Issue en 1964 suivi de la fameuse voie de la Paroi Rouge en 1965.

Les genevoix, Dalphin et Voltolini réussissent par une longue escalade artificielle la première ascension du fameux Pestel du Glandasse en 1962.

Paragot à l'ouverture de la L3 de la voie des Parisiens. Encordement à la taille, grosses chaussures....

Paragot à l'ouverture de la L3 de la voie des Parisiens. Encordement à la taille, grosses chaussures....

La cordée au sommet des Parisiens à l'ouverture de G à D: Berardini, Troskiar, Paragot, Giquel.

La cordée au sommet des Parisiens à l'ouverture de G à D: Berardini, Troskiar, Paragot, Giquel.

Les parisiens sont peu présents sur le secteur trouvant les faces déjà trop chargées en itinéraires. Ils portent leurs regards sur la fameuse face encore vierge de la Pelle aux 3Becs, au profil si raide que Livanos avait déclaré l'escalade impossible sans l'emploi massif de moyens artificiels[1]. Le défi fut relever sous la conduite de R Paragot et L Berardini[2], cordée qui venait de vaincre la face sud de l’Aconcagua en 1953 et qui ouvrir là un chef d’œuvre d'audace en escalade libre en 1961 : la fameuse voie des Parisiens dont le cinquantième anniversaire fut fêté à Saillans en juin 2011.

Les Lyonnais  Rubin, Alex, Annequin sont aussi de la partie, principalement aux 3 Becs : voie du Pin 1966 à Roche Rousse, Facette S 1966, face S-E au Veyou1968, voie de l’Églantier 1967...

Alpinisme dans la Drôme: une belle histoire !

Les locaux ne restent pas inactifs : Bernezat dit Bernouze ouvre aux 3Becs et à Archiane le Pilier Inachevé en 1968, JP Dupuy[3] explorent avec divers compagnons les rochers des Heures et de Roche Carré.

 

C'est aussi à cette époque là que les skieurs de randonnée locaux principalement rassemblés au sein du CAF de Valence explorent les sommets enneigés. Ainsi, il existe dans notre département de belles petites courses que sont le mont Jocou, la combe de Veyranche au Glandasse, le mont Barral, la montagne d'Angel, le roc de Toulau, la montagne de Couspeau, la Montagnette...  qui chaque hiver font le bonheur des skieurs alpinistes.

Ski de randonnée à la Montagnette, valon de Combeau.

Ski de randonnée à la Montagnette, valon de Combeau.

 

Les années 70/80 seront plus calmes, d'autres parois sous d'autres cieux, notamment le Verdon attirent les grimpeurs. Malgré cette tentation les grands noms de l'époque laissent la trace de leurs passages sur les falaises du Diois : Yannick Seigneur ouvrent de grand chantier d'escalade artificiel avec Jean-Pierre Paris : voie du Pilier Diagonal et voie du Bouclier mais aussi plus tardivement accompagné de Jean Pierre Dupuy  la voie Rêves d'Ours aux Glandasse et aux 3 Becs la voie Diagonale. Jean Claude Marmier[4] et Flematti  ouvrent des horreurs sur pitons douteux et rocher pourri à Archiane. Marc Batard tracent des lignes aux 3 Becs et à Archiane. Pierre Béghin lui vient se tester dans des escalades solitaires, comme cette ascension du Pestel du Glandasse ; rejoint en vélo au départ de Clermont-Ferrand. Quant à Jean-Claude Droyer devenu pape de l'escalade libre en France après une ouverture  de la bien nommée voie de la Révélation à Archiane (1969), il revient pour des ascensions solitaires comme celle des Parisiens aux 3 Becs. Seul un groupe d'irréductibles jeunes lyonnais à l'esprit gaulois sous l’impulsion de Bruno Fara aux blondes moustaches continue son exploration tant aux Glandasse, voie de l'Occitanie mais surtout à Archiane : voies Kicoup, Kitouch, voie Ulysse[5], pilier des Tuyas.

Les années 70/80 seront plus calmes, d'autres parois sous d'autres cieux, notamment le Verdon attirent les grimpeurs. Malgré cette tentation les grands noms de l'époque laissent trace de leurs passages sur les falaises du Diois : Yannick Seigneur ouvrent de grand chantier d'escalade artificiel avec Jean-Pierre Paris : voie du Pilier Diagonal et voie du Bouclier mais aussi plus tardivement accompagné de Jean Pierre Dupuy  la voie Rêves d'Ours aux Glandasse et aux 3 Becs la voie Diagonale. Jean Claude Marmier[4] et Flematti  ouvrent des horreurs sur pitons douteux et rocher pourri à Archiane. Marc Batard tracent des lignes aux 3 Becs et à Archiane. Pierre Béghin lui vient se tester dans des escalades solitaires, comme cette ascension du Pestel du Glandasse ; rejoint en vélo au départ de Clermont-Ferrand. Quant à Jean-Claude Droyer devenu pape de l'escalade libre en France après une ouverture  de la bien nommée voie de la Révélation à Archiane (1969), il revient pour des ascensions solitaires comme celle des Parisiens aux 3 Becs. Seul un groupe d'irréductible jeunes lyonnais à l'esprit gaulois sous l’impulsion de Bruno Fara aux blondes moustaches continue son exploration tant aux Glandasse, voie de l'Occitanie mais surtout à Archiane : voies Kicoup, Kitouch, voie Ulysse[5], pilier des Tuyas.

 

Les années 80 voient l'arrivé d'une nouvelle génération avec de nouvelles ambitions et techniques. Fini la recherche d'itinéraires empruntant des lignes de fissures permettant de planter des pitons. La recherche est axée sur la beauté du mouvement et du rocher. Ainsi des écoles d'escalade sportives de faible hauteur et d'un accès rapide, éclosent sous l'impulsion d'un petit groupe du CAF de Valence centré autour d'Alain Robert[6] dans la vallée de la Drôme et les Baronnies et d'un groupe de compagnons de Jean-Marc Belle à Saou. Fort de cette entraînement et utilisant les fameuses chevilles auto-foreuses Spit (elles aussi drômoises) des premières cordées osent s'attaquer aux dalles récalcitrantes aux classiques pitons. Ainsi naissent de nouveaux itinéraires : Opium du Peuple au 3 Becs (1984) et Quoi de Neuf Docteur à Archiane (1985) crées par la cordée grenobloise novatrice : J Carles et F Petiot.

 

Les années 90/2000 furent celle des locaux. D'abord Denis Benoît[7] et ses compagnons de la région d'Aouste, armés d'un perforateur, ils explorent les grandes dalles à silex vertigineuses de la Pelle aux 3 Becs et ouvrent une série d'itinéraires remarquables : Parfum d'Opale, l’île aux Enfants, le Pilier des Coccinelles, voie de la Résistance ;  généralisant le niveau 6 et 7 dans ce massif. Bientôt suivi par un club de Valence Densité dont les leaders sont Christophe Raillon et Manu Ibarra.  Ce Club tracent plus de 15 itinéraires nouveaux tant aux 3Becs que dans le cirque Archiane mais aussi sur des parois rocheuses excentrées comme dans les gorges des Gats, la vallée de la Roanne. Le rocher n'étant pas le seul attrait pour ce groupe d'alpinistes confirmés, ils ouvrent une vingtaine de belles cascades de glace dans les vallée perdues du haut Diois : Nonnières, gorges des Gats, cirque de Toussière avec la fameuse Lou Monstraou. Sans oublié la dizaine de voies crées sur la face nord du roc de Toulau dominant la route du col de la Bataille ; véritable laboratoire d’escalade mixte[8] hivernale inspiré des pratiques écossaises. Cyrille Copier est lui de Die et outre quelques belles lignes de glace à Toussière et Combeaux, il créait aussi avec différents compagnons d’ambitieuses et difficiles escalades rocheuses à dominante artificielles aux Jardin du Roi à Archiane.

Notons la belle descente à ski extrême du ravin de la Grande Cheneau au Glandasse par Fred Bernard  dont le court récit rend compte du caractère alpin de l'entreprise «  La partie skiable du couloir fait 450m de dénivelé entre 35° et 50° avec 1 ressaut plus raide qui nécessite soit un saut par l'épaule rive droite, soit l'utilisation de la corde. Attention cette descente est exposée, pierres sous-jacente, affleurement de glace dû aux résurgences dans le calcaire, neige très hétérogène étant donné la faible altitude et le climat local. »

 

Depuis 2010, l'acteur principal des grandes parois drômoise est Philippe Mussatto. Ce savoyard, ancien compétiteur de haut niveau a ouvert du bas[9] une dizaine d'itinéraire de très haut niveau et de classe mondiale en 7ème et 8ème degré sur les grandes faces du Glandasse et Archiane.

 

Notre département est une terre d'alpinisme[10] dans le sens profond du terme c'est à dire propices aux activités d'aventure en montagne, celles où chacun doit être autonome et assuré sa sécurité. D'ailleurs, il n’est pas rare que chaque année les stages de formations au diplôme de guide de haute montagne viennent s’entrainer sur les belles parois drômoises ou que des prétendants aux expéditions arctiques utilisent les hauts plateaux de Vercors pour mettre au point leur matériel.


 

 

Bibliographie :

 

Dominique Duhaut, Manu Ibarra, Escalade dans le Diois, Promo grimpe, Grenoble 2012.

Georges Livanos, « Au-delà de la verticale » Edition Arthaud, Paris 1958.

 

 

[1]   L'escalade est dite libre si les pitons et autres points de liaison de la corde au rocher sont utilisés seulement pour l'assurance et  l'escalade est dite artificielle si ces points sont utilisés aussi pour la progression. L'escalade artificielle est beaucoup plus lente que l'escalade libre.

[2]          Paragot fut par la suite président du Groupe de haute Montagne et de la Fédération Français de la Montagne et de l'Escalade.

[3]          Fameux membre du club des Ours du Glandasse

[4]          Fondateur du Groupe Militaire de Haute Montagne, il deviendra ensuite président de la Fédération Français de la Montagne et de l'Escalade.

[5]   Prénom d'un des habitants picaresques du Village d’ Archiane.

[6]    Il sera plus connu sous le nom de Spiderman pour ces ascensions de gratte-ciel.

[7] Actuel maire d’Aouste.

[8] Se dit pour une escalade qui mélange les passages d’escalade libre et artificielle ou comme ici les passages d’escalade sur rocher et sur glace.

[9]    Il y a deux solution pour poser les pitons nécessaire à l'assurance des grimpeur soit du bas c'est à dire de façon traditionnelle par les grimpeurs lors de leur progression ; soit après la pose des pitons en rappel pour préparer une futur ascension. L'équipement du bas dit aussi ouverture du bas est éthiquement la plus noble façon de procédé.

[10]  L'ouvrage de François Labande, « Grandes courses » édité chez Arthaud en 1980 ne si trompe pas car au milieu des 104 courses décrites dont les fameux Drus, face nord des Jorasses ou de la Meije, pilier du Freney, intégrale de Peuterey, figure la voie des Parisiens aux 3Becs, le pilier Leprince-ringuet au Glandasse et la voie du Levant à Archiane.

Yannick Seigneur ouvre en Vercors.

Yannick Seigneur ouvre en Vercors.

Les années 80 voient l'arrivé d'une nouvelle génération avec de nouvelles ambitions et techniques. Fini la recherche d'itinéraires empruntant des lignes de fissures permettant de planter des pitons. La recherche est axée sur la beauté du mouvement et du rocher. Ainsi des écoles d'escalade sportives de faible hauteur et d'un accès rapide, éclosent sous l'impulsion d'un petit groupe du CAF de Valence centré autour d'Alain Robert[6] dans la vallée de la Drôme et les Baronnies et d'un groupe de compagnons de Jean-Marc Belle à Saou. Fort de cet entraînement et utilisant les fameuses chevilles auto-foreuses Spit (elles aussi drômoises) des premières cordées osent s'attaquer aux dalles récalcitrantes aux classiques pitons. Ainsi naissent de nouveaux itinéraires : Opium du Peuple au 3 Becs (1984) et Quoi de Neuf Docteur à Archiane (1985) crées par la cordée grenobloise novatrice : J Carles et F Petiot.

Denis Benoit à l'ouverture aux 3 Becs.

Denis Benoit à l'ouverture aux 3 Becs.

Les années 90/2000 furent celle des locaux. D'abord Denis Benoît[7] et ses compagnons de la région d'Aouste, armés d'un perforateur à batteries électriques, ils explorent les grandes dalles à silex vertigineuses de la Pelle aux 3 Becs et ouvrent une série d'itinéraires remarquables : Parfum d'Opale, l’île aux Enfants, le Pilier des Coccinelles, voie de la Résistance ;  généralisant le niveau 6 et 7 dans ce massif. Bientôt suivi par le club de Valence Densité dont les leaders sont Christophe Raillon et Manu Ibarra.  Ce Club tracent plus de 15 itinéraires nouveaux tant aux 3Becs que dans le cirque Archiane mais aussi sur des parois rocheuses excentrées comme dans les gorges des Gats, la vallée de la Roanne.

L'arête des Bougnats Volants, une vrai course d'arête en Diois!

L'arête des Bougnats Volants, une vrai course d'arête en Diois!

Pipeline, une classique sur un rocher exotique pour la région: le grès.

Pipeline, une classique sur un rocher exotique pour la région: le grès.

Une cordée dans la L4 de Lou Monstraou qui jusqu'à l'étranger attire les grimpeurs sur glace.

Une cordée dans la L4 de Lou Monstraou qui jusqu'à l'étranger attire les grimpeurs sur glace.

A l'ouverture de la dernière longueur de La Grande Motte , escalade mixte sur herbe gelée au roc de Toulau.

A l'ouverture de la dernière longueur de La Grande Motte , escalade mixte sur herbe gelée au roc de Toulau.

Ouverture d'Hélix dans les gorges des Gats, une protection ( sauf 1 piton) entièrement sur la glace: incroyable !

Ouverture d'Hélix dans les gorges des Gats, une protection ( sauf 1 piton) entièrement sur la glace: incroyable !

Le rocher n'étant pas le seul attrait pour ce groupe d'alpinistes confirmés, ils ouvrent une vingtaine de belles cascades de glace dans les vallée perdues du haut Diois : Nonnières, gorges des Gats, cirque de Toussière avec la fameuse Lou Monstraou. Sans oublié la dizaine de voies crées sur la face nord du roc de Toulau dominant la route du col de la Bataille ; véritable laboratoire d’escalade mixte[8] hivernale inspiré des pratiques écossaises. Cyrille Copier est lui de Die et outre quelques belles lignes de glace à Toussière et Combeaux, il créait aussi avec différents compagnons d’ambitieuses et difficiles escalades rocheuses à dominante artificielles aux Jardin du Roi à Archiane.

Fred Bernard dans la partie la moins raide de la Grande Cheneau.

Fred Bernard dans la partie la moins raide de la Grande Cheneau.

Notons la belle descente à ski extrême du ravin de la Grande Cheneau au Glandasse par Fred Bernard  dont le court récit rend compte du caractère alpin de l'entreprise «  La partie skiable du couloir fait 450m de dénivelé entre 35° et 50° avec 1 ressaut plus raide qui nécessite soit un saut par l'épaule rive droite, soit l'utilisation de la corde. Attention cette descente est exposée, pierres sous-jacentes, affleurements de glace dûs aux résurgences dans le calcaire, neige très hétérogène étant donné la faible altitude et le climat local. »

 

Depuis 2010, l'acteur principal des grandes parois drômoise est Philippe Mussatto. Ce savoyard, ancien compétiteur de haut niveau a ouvert du bas[9] une dizaine d'itinéraire de très haut niveau et de classe mondiale en 7ème et 8ème degré sur les grandes faces du Glandasse et d'Archiane.

 

Notre département est une terre d'alpinisme[10] dans le sens profond du terme c'est à dire propices aux activités d'aventure en montagne, celles où chacun doit être autonome et assuré sa sécurité. D'ailleurs, il n’est pas rare que chaque année les stages de formations au diplôme de guide de haute montagne viennent s’entrainer sur les belles parois drômoises ou que des prétendants aux expéditions arctiques utilisent les hauts plateaux de Vercors pour mettre au point leur matériel.

 

Vous trouverez plus d'informations sur ces différents itinéraires sur ce blog.

Bonne visite!


 

 

Bibliographie :

 

Dominique Duhaut, Manu Ibarra, Escalade dans le Diois, Promo grimpe, Grenoble 2012.

Georges Livanos, « Au-delà de la verticale » Edition Arthaud, Paris 1958.

 

 

[1]   L'escalade est dite libre si les pitons et autres points de liaison de la corde au rocher sont utilisés seulement pour l'assurance et  l'escalade est dite artificielle si ces points sont utilisés aussi pour la progression. L'escalade artificielle est beaucoup plus lente que l'escalade libre.

[2]          Paragot fut par la suite président du Groupe de haute Montagne et de la Fédération Français de la Montagne et de l'Escalade.

[3]          Fameux membre du club des Ours du Glandasse

[4]          Fondateur du Groupe Militaire de Haute Montagne, il deviendra ensuite président de la Fédération Français de la Montagne et de l'Escalade.

[5]   Prénom d'un des habitants picaresques du Village d’ Archiane.

[6]    Il sera plus connu sous le nom de Spiderman pour ces ascensions de gratte-ciel.

[7] Actuel maire d’Aouste.

[8] Se dit pour une escalade qui mélange les passages d’escalade libre et artificielle ou comme ici les passages d’escalade sur rocher et sur glace.

[9]    Il y a deux solution pour poser les pitons nécessaire à l'assurance des grimpeur soit du bas c'est à dire de façon traditionnelle par les grimpeurs lors de leur progression ; soit après la pose des pitons en rappel pour préparer une futur ascension. L'équipement du bas dit aussi ouverture du bas est éthiquement la plus noble façon de procédé.

[10]  L'ouvrage de François Labande, « Grandes courses » édité chez Arthaud en 1980 ne si trompe pas car au milieu des 104 courses décrites dont les fameux Drus, face nord des Jorasses ou de la Meije, pilier du Freney, intégrale de Peuterey, figure la voie des Parisiens aux 3Becs, le pilier Leprince-ringuet au Glandasse et la voie du Levant à Archiane.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article