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  le blog manu.ibarra

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Alpinisme, escalade, cascade de glace, France, Écosse, Mt Blanc, Oisans, Écosse, Island, Canada.... Les aventures d'un guide de haute montagne.

Histoire du Dry-Tooling en France

J’ai participé à la mise en place des premières coupes du monde d’escalade sur glace, circuit international qui s’appelait Ice World Cup. Il faudra que je vous raconte un jour comment y fut quasi inventé le sans dragonne, les crampons modernes, la gestuelle actuelle par une bande de joyeux illuminés et les coupe du monde d’escalade sur glace.

En tant qu’ouvreurs des voies de compétition, je mettais aperçu que la glace même la plus raide ne posait plus problème aux meilleurs  compétiteurs et que seuls les passages dit de Dry-tooling étaient en mesure de les arrêter.

Ainsi peu à peu, les prises d’escalade sur des panneaux en bois sont apparues, repoussant la glace à la portion congrue.

En 2003, j’arrivais au constat qu’au lieu de partir sur 20% de glace naturelle et de 80% de rocher artificielle il était plus efficace de partir sur 80% de rocher naturel et 20% de glace artificielle. Sans compter que faire de la glace ce n’est pas de la tarte, sans jeu de mot et de se libérer de la problématique eau+froid ouvrait à de nouvelles possibilité.

Pour le rocher, les falaises ne manquent pas et j’avais quelque spots en tête, mais pour la glace ?

Après discussion avec la bande de copain participant IWC, il apparut que le bois était un substitut acceptable à la glace déjà utiliser par Anderl Heckmair comme entrainement aux nouvelles pointes frontales des crampons qui permirent la première de la face nord de l’Eiger.

Il nous fallait un nom. A l’époque un fest’ice existait au Québec, nous inaugurions donc le nom Festidry !

Il me restait à convaincre des sponsors ( Julbo, Salomon , les brioches Pasquier et Grivel) et surtout une bande de copains.

Le club Densité de Valence toujours partant pour les projets les plus fou leva immédiatement la main, suivi par Jérôme Blanc-Gras qui codirigea l’opération, un nombre incroyable de copains guides et Be escalade : Laurent Girousse, Raphaël Thiot, Sam Beaugey, Christophe Raillon, le regretté Jean-Marc Genevois, Yann Ghesquier, Nicolas Reysset…. J’en oublie !

La FFME ne sachant la folie du concept (pour l’époque) suivi et ainsi l’ami Christophe Moulin nous rejoint pour prendre en charge de l’aspect technique de l’événement.

Il ne nous fut pas difficile de convaincre les meilleurs compétiteurs de l’époque : Bubu ( Mauro Bolé), Anna Torretta, Ezio Marlier ( Italie), Samuel et Simon Anthamatten ( Suisse), Klemen Premrl, Jeff Mercier, Erwan Le Lann, Yann Bonneville…. J’en oublie, c’est sûre, ils étaient plus de 60.

Cet événement  fait parti de l’histoire de chacun des participants et fit des petits dans notre petit monde du piolet traction.

Si je vous ai oublié ou que j'ai oublié un participant que vous connaissez, faite moi signe, c’est avec plaisir que je le rajouterais.

L'auteur de se fim dont j'ai honte d'avouer que j'ai oublié le nom, n'est pas plus doué en orthographe que moi...

Voici le petit texte que nous avions écris pour présenter l’événement:

 

Imaginez deux vétérans à l’origine des compétitions de glace : Manu Ibarra et Jérôme Blanc-Gras, tous deux juges et arbitres IWC, co-inventeurs des compétitions de bloc en glace, vieux bourlingueurs de ce nouveaux monde, nostalgiques de la folie, de la liberté, de la convivialité des débuts.

Imaginez un club d’escalade et d’alpinisme : « Densité » de Valence, plein d’enthousiasme, de générosité, et d’envie de partager, soutenu par le comité départemental FFME.

Imaginez le plaisir d’une bande de copains de tous horizons, de retrousser leurs manches ensemble pour que le rêve vive.

Imaginez une idée simple et logique, inscrite dans l’ordre des choses : remplacer la glace par un artifice.

Imaginez des sponsors confiants et généreux, désireux de participer à un événement convivial et de faire vivre la grande fête de cette nouvelle pratique de l’escalade.

Imaginez toute une région riche en activités de loisir : escalade, VTT, canyoning, et autres douceurs (Clairette, Picodon…), entièrement tournée vers cet événement.

Imaginez, proche d’un petit bourg, caché au milieu de gorges profondes, un immense porche minéral de 60 m de haut pour 60 m d’avancée où se blottit une maison semi-troglodyte.

Imaginez des troncs d’arbre ( de 4,5 voire 6 m de long) suspendus dans ce porche.

Imaginez des voies longues et incroyables, créées pour le seul plaisir du grimpeur.

Imaginez une « compétition » ou le règlement est limpide, peu contraignant et à vrai dire pas vraiment important.

Imaginez que les « maîtres » internationaux de la discipline soient là, accessibles et détendus, partageant avec les débutants et le public leur passion et leur joie.

Imaginez un invité de marque parrainant cet évènement : Mauro Bole « Bubu », grand pourfendeur d’escalades mixtes extrêmes.

Imaginez enfin que vous en repartiez les bras gros comme des bouteilles de Clairette, la tête pleine de bulles folles, et le cœur en chamade…

Tout cela se passe sur deux petites journées d’automne et une très longue soirée.

 

Voici le FESTI-DRY !

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