Ce blog est une invitation, une fenêtre ouverte sur ma
pratique alpine .
Manu Ibarra
Guide de haute montagne. Conseiller technique..Vit dans la Drôme. 50 ans.
30 années de pratiques alpine passionnée dont une vingtaine comme guide.
Partage son cœur entre :
La glace qu’il poursuit de coups de piolet caressants en France, Italie, Suisse, Autriche, Ecosse, Russie, Islande, Rocheuses canadiennes, Québec, Colorado, Utah……
Et le rocher qu’il affectionne dans les grandes voies préalpes (Notamment dans son Diois natal : ouverture d’une quinzaine de voies) ou alpines .
Et comme son cœur oscille entre ces deux supports, il parcourt aussi les grandes faces Nord et arêtes des Alpes.
Chaque semaine une nouveauté. Soit d’actualité, soit piochée dans mes archives. Une réactualisation des sujets est aussi faite régulièrement.
-Attention, n’oubliez pas que les pratiques alpines sont dangereuses et demandent un apprentissage, que les informations contenues dans ce blog, sont forcements partielles et peut être déjà fausses.
-Vous êtes supposés autonomes, tant dans la prise d’informations, que dans vos choix de pratique ainsi que sur le terrain.
Ces longues phrases sont des évidences que l’on ne devrait pas avoir besoin d’écrire noir sur blanc mais surtout elles sont l’essence même des pratiques de montagne.
Sur ce…. bonnes courses !
Manu
* (Sur un air célèbre de Beethoven!)
La dernière fois c’était pour une traversée de Jorasses. Aujourd’hui, ayant une tendinite chronique au coude, j’ai pu jouer de cet argument pour échapper à des projets trop ambitieux.
Après quelques visites chez mon ostéopathe attitré, fuyant les médecins et leurs anti-inflammatoires, je soigne par le mépris mon tendon qui m’en tient visiblement rigueur. J’essaye bien d’avoir un rendez vous avec mon infirmière préférée ; espérant quelques effets magiques de cette rencontre mais pour l’instant que nenni !
Nous voilà donc parti pour une voie ouverte il y a quelques années déjà, sur la paroi de Roche Rousse dans le massif des 3 Becs.
L’ouverture avait été simple, limpide, plaisante.
Nous avions appelez cet itinéraire « Petite Pomme ».Les Pommes sont des fruits particuliers. La plus part
des gens ne les regardent plus, blasés par leur proximité quotidienne. Pourtant elles cachent en elles un monde. Après en avoir essuyé la peau délicate et brillante, vous tenez au creux de la
main un fruit visiblement fait pour la paume de l’homme. Alors craquant, délicatement vous la croquez. Le cracccc ( ! ) qui née de ce coup de dent est comme un petit cri de plaisir émit par
le fruit. Car, je ne sais si vous le savez mais les pommes aiment à être croquées ! S’ouvre alors à vous un monde de subtilité doucement sucrée, de saveurs fines de bois, de terre, de
fleurs ; de sensations fondantes sous la langue, pétillantes sous la dent ; de goûts et d’arrière goûts longs en bouche. Tout un univers aux charmes ensorceleurs ! N’est ce
pas là l’origine de la pomme fruit défendu, fruit de la tentation, du péché ?
A moi la seconde longueur, premier point haut. Oui il faut que je vous le dise, je qualifierais « Petite Pomme
« de voie néo-classique. Ouverte du bas l’itinéraire cherche les lignes de faiblesses dans cette raide face rocheuse. L’équipement mêle goujons
et pitons ; suivant votre niveau et votre maîtrise de l’engagement un petit jeu de coinceurs peut être indispensable.
La huitième et dernière longueur échappe aux menaçants surplombs qui dominent le relais par une aérienne traversé à gauche. Elle
donne accès à une zone de gros silex en formes de feuilles d’acanthe. L’escalade finale donne l’impression de gravir un énorme chapiteau gothique, apothéose de
l’ascension.