Cascade de glace de Cogne à Kandersteg.

Publié le par manu ibarra


Marc voulait grimper des grades 5 et 6. La météo annonçait des températures légèrement plus chaudes la semaine prochaine, mais rien de bien alarmant. Tout semblait rendre le projet viable.

Le premier ressaut de Trip in the Night: cloche, fissures, eau qui coule.

Un coktail détonnant!

L1 du second ressaut

Traversée sur des plaquages.


Rendez vous prit à Chamonix, nous voici un peu plus tard au pied de Trip in The Night, une classique de niveau 5+ du val Savaranche dans le val d’Aoste. Le premier ressaut, évitable par la droite, présente un sale aspect. M’appuyant sur la méthode d’analyse mise au point avec Jérome Blanc-Gras et que nous enseignons dans nos stages, je pense l’ascension possible si certains critères sont respectés. Tout ce passe comme prévu.

Le second ressaut, passage clef de cette cascade, semble en meilleure condition : erreur ! Comme d’habitude (je gravis chaque année de 1 à 5 fois cette cascade), je m’engage sur le coté droit. Les quantités de glace énormes de cet hiver, ont complètement changé la configuration de ce passage. Une zone de pétales, arrosées copieusement ( ce qui va souvent de paire) me repousse à droite. Je pose un relais et par une traversée sur des placages je rejoins la partie centrale.

Une chute d’eau m’interdit une ascension directe et me repousse à gauche, au pied d’une immense cloche qui ne supportera pas mon poids et mes impacts de piolets et de crampons. Une échappée sur la droite semble possible. Je m’élève de quelques mètres et découvre une fissure horizontale au-dessus de moi.

Antares!


Trip in the Night est une cascade de type 2(dans notre classification) c’est à dire que le risque n’est pas un effondrement total de la structure mais de “passer au travers” ( comme l’accident de Godefroy Perroux). Il est plus sage de redescendre ! Par une désescalade (toujours délicate) je rejoins une niche qui marque la fin de la traversée. Marc me rejoint. Un Abalakof et un rappel plus tard, nous prenons nos cliques et nos claques pour gravir la classique Antares (grade4), en superbe condition.

L'auberge Belvedère.

Darma!


Nous rejoignons l’auberge du Belvédère, base de mes séjours sur Cognes. Cet hôtel est parfaitement situé au soleil du matin, il est très confortable avec ses chambres douillettes et son séchoir bien utile, ses repas y sont ultra copieux  mais en plus Darma la patronne serviable et souriante veille sur vous !


Repentance et Mondey Money.

L1 de Repentance.


Arrivée à R1.

  Nous voilà donc partis vers Repentance Super, un grade 6, mythique de Cogne. Cette nuit il n’a presque pas gelé( un petit –2) et la température est plus que positive lorsque nous arrivons au pied de Repentance. Cette cascade est de type 1, c’est à dire que le risque prit est l’effondrement d’une grande partie de cette cascade. Mais malgré la chaleur, la quantité de glace présente assure une assise inférieure à cette cascade de belle qualité. La L1 est caractérisée par un passage sur de beaux pétales qui impose l’utilisation des mains plus que des piolets. Ici aussi pétales signifie eau qui tombe. La L2 plus classique est raide mais sans problème particulier hormis la recherche du relais. Connaissant bien cette ascension, je finis par trouver ce foutu relais sous 20 bon centimètres de glace. La L3 est toujours humide, mais là ce n’est pas d’humidité qu’il s’agit mais d’éviter la noyade. A défaut d’un masque de plongé, un passage de 5 mètres m’oblige à faire des ancrage à l’aveugle, rapidement l’eau entre partout. Pénétrant par les manches, suivant les jambes du pantalon, j’ai rapidement de l’eau dans mes chaussures jusqu’aux malléoles. Le reste de la longueur toujours mouillée est toutefois plus accueillante, un peu trop d’ailleurs pour mes broches à glace qui doivent offrir bien peu de tenue dans cette glace à poissons !

C’est tremblant au relais que j’assure Marc qui arrive trempé. Ses poches de sa veste restaient ouvertes se sont remplies d’eau ce qui semble contrarié sont appareil photo qui y été aussi.

Rappel de Repentance.

Purges en versant sud.

Une cordée dans Monday Money.

En deux grand rappels nous voilà au pied et au soleil. Nous nous accordons une pose que je mets à profit pour essorer mes chaussettes. De belles coulées se déclenchent continuellement en versant sud, et c'est sans malice, bien à l’abris, que comme deux enfants aux feux d’artifices que nous commentons le spectacle Puis nous enchaînons sur une cascade voisine : Monday Money, grade 4.

Sur le chemin de retour nous traînons et nous nous accordons même le fameux « chocolate con pane » du bar Licone, et c’est vers 7H30 que nous rejoignons l’auberge du Belvédère. C’est par une belle réprimante que Darma inquiète sur notre sort nous accueille. Un secours avec eu lieu suite à une avalanche et personne à l’hôtel ne savait exactement de quoi et de qui il s’agissait. Pardon Darma ! , La prochaine fois je te dirais où je vais ! Quand je vous dis que Darma s’occupe de vous !

Sentinel Ice.

Le gardien des lieux!

Des Turinois dans la L1 de Sentinel Ice.

Doccia Fredia.

L'attaque mixte de la L1.


Dans la L2.

Descente.

Le lendemain nous prévoyons une « petite « journée, car nous voulons rejoindre Kandersteg le soir même. Nous commençons par Sentinel Ice (grade 4/4+) et son jolie cigare (fendu) puis nous finissons par Doccia Fredia , un jolie grade 5 qui se gravi en 3 courtes longueurs. La L1 commence par une escalade mixte qui de mottes d’herbe en crochetages aléatoires permet de se rétablir sur le surplomb de glace formé par la zone d’accroche du stalactite. La L2 passe par un court cigare qui ne sonne pas très sain mais qui heureusement offre une glace tendre à souhait. La dernière longueur gravit, elle aussi un cigare, plus long et dont le son est bien plus sain. Un fissure coupe son sommet aux abords de la zone d’accroche et c’est donc par des frappes légères que je m’élève au-dessus de cette fente.


Le secteur de Oeschinewald.

Après le noir du tunnel succède l’obscurité de la nuit, nous ne voyons donc rien des cascade de Kandersteg. Le lendemain matin après un réveil laborieux nous nous dirigeons vers le secteur le plus accessible encore en état : Oeschinenwald. Depuis le début de notre voyage la température en pleine journée à 1500m d’altitude varie entre +5 et +10°C ; Ca commence à faire chaud et surtout depuis trop longtemps !

Une cordée dans Pingun.

Une autre dans Arbonium.

Une cordée est engagée dans Pingu. Marc aimerait bien les suivre. Je lui fais remarquer qu’une colonne de glace d’une bonne dizaine de mètres offre toutes les conditions pour se décrocher. Je lui propose de gravir Rattenpissoir, un jolie grade 5.plus abrité. Je gravis d’une traite les 50 premiers mètres en 10 minutes tant la glace est tendre et les marches nombreuses.

La preuve par l'image!

Petit montage photo pour bien visualiser.


La L2 offre un jolie passage raide. J’ai à peine établi mon relais que la colonne menaçante s’effondre. Heureusement, nos voisins étaient déjà plus haut. Cet effondrement signe le replie de toutes les cordées et s’est soulagé que je me joins au mouvement d’ensemble.

  Beau terrain de jeu! Nous reviendrons!

Que faire ? Les températures douces s’éternisent et commencent à vraiment affecter la stabilité des cascades. Nous jetons l’éponge (trop humide !) et nous decidons de rentrer.

La partie n’est que remise !

Publié dans Glace & Mixte.

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martin 14/03/2012 23:56


bonjour Manu


merci pour  vos  documents visuels et  ecrits, je  n' ai pas  hélas pu venir  grimper  en glace   cet hiver  ,  ce  sera partie 
remise  comme vous en plus  j'  adore  kANDERSTEG


MAALGR2 TOUT  SECTEUR AROLLA  semaine  dernière mon équipier  et moi sommes  allé  à la cascade de  L' usine, elle  fut  sympa


samedi dimanche  je  vais  essayer  de  retrourner une  dernière fois  de  l hiver en  valais   je recherche  des infos


si vous  en avez  de  réecentes  je  les lirai 


bonne  continuation


passionnément  glace


jeane

Arno 05/03/2009 13:19

Juste une petite suggestion sur ce blog que je parcour régulièrement : le texte en gris sombre est illisible sur le fond noir. Serait il possible d'écrire avec une couleur plus claire (blanc par exemple) ?Sportivement, Arno

manu ibarra 05/03/2009 14:16


Bien sûr! Aussitôt dit aussiôt fait!