Escalades studieuses sur rhyolithe.

Publié le par manu ibarra

Du sommet des gorges du Blavet au fond la mer!

 

Connaissez-vous la rhyolithe?

Non ?

Moi non plus !

Rhyolithe? Non! Ecorce de chêne liège!

Rhyolithe et traces de magnésie.


Un peu de culture générale ne faisant pas de mal dans ce bas monde, me voilà parti pour un court séjour d’étude dans le massif de l'Esterel. J’emmène avec moi mon prof perso en géologie. Enfin, mon prof est plutôt hydrogéologue, j'espère toutefois être là sur son rivage de connaissance. Me voilà donc parti avec Seb, c’est mon prof ! .D’ailleurs au sujet de Seb, je profite de l’occasion pour lancer un appel :

« Oyez ! Oyez braves gentes ! Sébastien cherche du travail comme hydrogéologue donc au cas ou vous auriez besoin de lui...  Non! …..Même pas pour votre piscine ? »

Ce voyage didactique se limite à deux jours. Deux jours, oui c'est court pour découvrir un rocher aussi curieux.

Nous jetons notre dévolu sur les gorges du Blavet haut lieu de la rhyolithe française.

Rouge est la Rhyolithe!

 

Sur la pointe des pieds, sans bruits, nous descendons dans ce petit canyon. Nous avons un peu peur d'irriter ce rocher, qui à l'état de quiétude est déjà d'un beau rouge. Alors imaginez, en colère! C'est donc sans marteau ni autre ustensile contondant que nous nous retrouvons au cœur de la bibliothèque de Monsieur Rhyolithe.

Sans commentaire!

Seb arrive au R2.

A la sortie de Pétomania.


Pétomania suit le pilier de profil.

L’ouvrage auquel nous nous attaquons se nomme Petomania. Nous sommes visiblement dans le rayon scatologique du coin car ici les titres environnants sont : « 3 petits pets et puis sent bon », « Le péteur pend », « Free pet », « je pars en avant, tu parapet »… etc

Je sors mon barda d'étudiant, chausse mes chaussures de contention (vachement bien pour avoir mal aux pieds et donc oublier que les études ça fait mal à la tête) ; j’enfile mon harnais pour tomber de moins haut en cas d'incompréhension dans la lecture d'une phrase restée énigmatique.


Me voilà prêt! Le premier point qui clôture la première phrase est diablement haut! La chute au sol ne peut plus se passer sans dégâts. N'ayant donc ni marteau, ni pitons, ni friends, ni coinceurs de peur de fâcher notre ami Rhyolithe; je ne peux compter que sur mes seules capacités intellectuelles pour décrypter la suite. Je vous l'ai dit, je suis en voyage d'étude...  et…. J’en ai mal à la tête...  Il faudra donc que j'achète des chaussons encore plus petits!


Ouf! Le premier point est atteint, la suite est curieuse. Les deux prochains points sont bizarrement esseulés sur la gauche alors que de toute évidence la suite  est tout droit. Peut être est-ce des points d'interrogation ? Finalement tout ce passe bien et j'arrive sans encombre à un couple de points relié par une vieille sangle rouge qui indique la fin du premier chapitre. Heureux de mettre bien sorti de cette lecture d’érudit et trouvant la tomaison relâchée ; je décide de continuer par le second chapitre.


Voie en 6b.

 

Seb suit et décide lui aussi de parcourir deux chapitres d’une seule traite. Malgré ses connaissances en jargon savant de géologue, il passe un certain temps pour pas dire un temps certain à décrypter la section finale.

Il hésite, je piaffe, il doute, je m’exaspère, il tergiverse, je m’agace… il passe, je grimpe !

Après cette entrée en matière sur un ouvrage de plusieurs chapitres, nous consultons en rive gauche cette fois des ouvrages à un seul chapitre.

 


Un 6C+ à droite de Kika

 


Un premier texte apocryphe se laisse amadoué assez facilement, juste à gauche un autre texte d’auteur inconnu ( car ne paraissant pas dans notre topo : ouvrage bibliographique avec nom de l’ouvrage, nom(s) du ou des auteurs, dates de premières ascentpublication, parfois un court descriptif…&c)

dans Kika

 

Seb dans Kika

Seb vient de crier.. et de tomber!


Puis je me lance dans une œuvre nommé « Kika », La lecture  en est superbe avec des sections au décryptage technique, des phrases longues qui obligent à un engagement certain. Mais je trouve rapidement le phrasé juste et sans aucune anicroche, j’en vains à bout.

C’est au tour de Seb qui progresse d’abord rapidement. Puis Séb hésite et fini par s’engager dans le passage le plus difficile par un mouvement de Dülfer sur de petits mots verticaux. C’est dans un équilibre précaire qu’il arrive au niveau du point à clipper. Là, dans l’impossibilité de libérer une main, pour saisir le mot clef, il sent que le sens du discourt lui échappe. Il lance un rapide regard vers le bas qui lui enlève tout espoir. La relecture à l’envers lui semble trop compliquée pour être possible. Pris au piège, son ictus cardiaque s’accélère! « manu, je vais, je vais ……tomber ! » C’est un euphémisme de dire que Seb n’aime pas la perte de sens ! Son regard est celui d’un condamné à la guillotine qui vient de voir rouler dans le panier la tête de l’exécuté précédant. Un long cri d’effroi, empli l’air, arrête le chant des oiseaux et suspend le temps une fraction de seconde ; la corde se tend….. Tout est fini. Seb pend tranquillement au bout de la corde silencieux. Le sens de la phrase lui à échappé. Manque de vocabulaire ? Problème de maîtrise  conceptuelle ? Absence de concentration ?

En tout cas cette aventure mériterait une cantilène épique.

Le second jour c’est à moi de perdre mon latin, d’autant plus facilement que je ne l’ai jamais maîtrisé.

 

La fin d'ne longuer en 6b.

La L2.

Même passage vue du second.

 

 

Seb descent du 7a+. Raide!

 

 

La première consultation me voit échouer sur un mot de difficulté modeste mais ce mot clef était bien caché dans l’ombre d’un gros mot  Comme un néophyte, je tombe dans le piège. L’épître suivante fut du même acabit, seul Seb semblait être en phase. Heureusement le dernier ouvrage, nommé « Super Trombinette » œuvre de référence en ces lieux fut mieux négocié par moi et envoya encore une fois dans un beau vol d’incompréhension Seb dont le cri suspendit le temps encore une fois.

La pluie non annoncée tomba toutefois et nous chassa définitivement.

Ce voyage d’étude fut bénéfique et instructif.

La nature est belle dans les gorges du Blavet.

 

La rhyolithe est un rocher curieux, son escalade en est surprenante. L'aspect bonhomme des itinéraires vous surprendront, par leurs mauvaises fois évidentes à montrer leurs verticalités. Mieux, les prises ne sont que rarement là où on les attend et ne sont guère comme on les imagine.


En deux mots, ce n'est pas un rocher pour faire des perfs à vue.

 

J’espère que mon récit cacographique ne vous a pas trop endormie

Publié dans Escalade sportives

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sebdescimes 20/04/2009 17:53

Arrêtes de faire des fautes d'orthographe: rhyolite (tu aurais pu regarder sur le net avant!!!)

manu ibarra 23/04/2009 23:05


Mon cher Seb,
Certes je suis nul en orthographe!
Mais rhyolite s'écrit aussi rhyolithe, si j'en crois le web.
(http://www.cnrtl.fr/definition/rhyolithe)
Mais n'est tu pas... géologue!
A samedi pour grimper sur du .. calcaire!