Mercredi 16 décembre 2009
3
16
/12
/Déc
/2009
20:34
Il fait froid ! Oh pas beaucoup et pas depuis longtemps ! Mais il
gèle ! Certes les cascades du Diois ne sont pas encore en condition mais les mottes d’herbes du col de la Bataille doivent commencer à geler.
Nous voilà donc parti avec le fameux Seb des Cimes.
Herbes givrées du col de la Bataille.
Pas de neige sur la route, ainsi l’approche se résume à 50 mètres de marche et encore uniquement par le fait que nous ne garons pas la voiture au pied des voies : « Piolet échappé,
voiture abîmée » dit le dicton local.
Nous commençons par la voie de la Grande Motte. La « classique » du
coin. Seb n’ayant jamais grimpé ici et pas plus sur l’herbe gelée, cette voie de 4 longueurs me semble une bonne façon de commencer. Et comme dit le dicton local….......Euh, j’ai
oublié !
Le point d'attaque de la L1 de la Grande Motte.
Seb dans la fin de la L1.
J’ai quelques hésitations pour déterminer le point de départ de la voie. Cela fait 3 ans que je n’ai pas sévi ici, et ma mémoire n’est pas d’une fiabilité exemplaire. La suite de la journée me le
prouvera encore une fois. De plus un brouillard dense limite la vue à une dizaine de mètres.
Je fini par me décider : « c’est là ! » Je m’élève et franchi
le seule pas technique de cette première longueur de 30 mètres protéger par un petit friend. Suit une pente d’herbe qui donne accès au relais, à poser sur un gros pin. Seb me rejoint puis part
pour la seconde longueur.
La goulotte de la L2.
Un premier spit 5/6 mètres au dessus du relais et légèrement à gauche donne la ligne d’ascension. Un second point posait dans les rochers d’une petite grotte indique le passage clef de cette
longueur. Seb le franchit en grognant et marmonnant. Je ne comprends pas ses mots. Normal, maintenant qu’il est Lausannois de Suisse ! Suit une longue goulotte assez raide d’herbe. Quelque
friends moyens voire gros permettent la pose de point de protections intermédiaires que Seb ignore. Le relais est lui sur un gros fayard après 40 mètres d’escalade.

La L3 vue de
R2.
Je repart en tête et ne suit pas la goulotte mais je m’élève sur un pilier raide sur la droite, protégé par un piton et deux spits. Je me remémore la première ascension de cette ligne avec
Nougatine. Nous n’avions utilisé aucun spit et piton, uniquement des coinceurs et des ancres à glaces plantés dans la terre. Ce passage est de toute beauté, aérien (sauf aujourd’hui avec le
brouillard), délicat et technique. Le relais, 15 mètres au-dessus, est à réaliser sur un arbre.



La dernière longueur de la Grande Motte.
Seb regarde la suite de l’itinéraire, photographie et décide de me laisser les joies du premier de cordée. Une courte descente dans la goulotte suivie d’une traversée au dessus d’un arbre me mène
au pied de la fissure dièdre qui me conduit en 40 mètres et un spit au sommet de la paroi.


Le givre couvre de paillettes magnifiques rochers, herbes, arbres, sourcils ; le gel faible dans la première longueur et parfait dans le reste de l’escalade.
Sortie!
Du sommet nous suivons les crêtes vers la droite pour redescendre en longeant le pied de la paroi dans l’idée d’enchaîner avec une seconde voie.
Au pied de cette falaise, je cherche à rassembler mes souvenirs pour répéter
« Gare au Loup », et je me dis que je devrais inscrire le nom des voies.

La L1 de Sitting Bull vue du bas et ........

......vue du
haut.
Un spit m’attire et c’est à peu près convaincu d’être dans le bon choix que je m’encorde et commence à grimper. L’escalade me semble plus difficile que dans mes souvenirs. Le doute m’envahit….
mais « non c’est là ! « J’aperçois un autre point, et ainsi hésitant d’un point à l’autre je me retrouve au relais. La longueur n’est pas facile, et les 4 spits en place sur les
40 m de l'escalade étaient les bien venus.

La L2 de Sitting Bull.
Seb toujours prévenant me laisse continuer en tête. Je pars à la recherche des spits certes peu nombreux mais bien réels que je me souviens avoir posés dans la seconde longueur de « Gare au
Loup ». Rien, je ne trouve rien sur les 40 mètres suivant. Je maudis le givre qui me cache ses fameux point. Quoiqu’il en soit il faut que je trouve moyen de faire un relais à défaut de
trouver le relais sur spits qui est par là j’en suis sûr. …….. Je finis par faire relais sur des pierres coincées !
Seb me rejoint, je lui demande lors de son ascension de chercher les mystérieux
points… il ne trouve rien !
Je dois me rendre à l’évidence, je suis sénile et je ne suis pas dans la voie
espérée mais dans une tentative non finalisée qui maintenant me revient en mémoire. Comme dit le dicton local que je n'ai pas perdu : « On commence par oublié de fermer sa
braguette, ensuite on oublie de l’ouvrir » Ouf J’en suis qu’au premier stade !
Diable ! Que faire descendre en rappel sur ce relais poser sur ces pierres
coincées et abandonner les sangles et le friend qui le consolide ?
Relais sur ......pierres
!
Je fais le choix de continuer et c’est comptant mon matériel (4 friends moins 1 du relais égal 3) que je part dans la troisième longueur que je sais être la dernière. Les hostilités commencent
par un petit surplomb où les crochetages par chance sont excellents. Je peux poser un point (plus que deux !)
Le surplomb de la L3.
Le rétablissement, lui est plus délicat. Plus de bonnes fissures mais de maigres touffes d’herbes qui me permettent quelques hésitations, une traction précaire et deux mouvements plus tard d’être
au pied d’un petit pilier. Ma protection me semble bien loin. Je remarque d’ailleurs que l’estimation que j’ai de la qualité de sa tenue décline dans mon esprit au fil des mètres qui m’en
éloignent. La suite du pilier me semble trop raide, ou plutôt trop difficile. Sur la droite une légère goulotte me tend les bras. Pas banal! Un mouvement délicat de traversée sur la droite me
rajoute quelques doutes sur la tenue du friend qui est maintenant 6 bons mètres sous mes pieds. Je rejoint cette vague dépression, m’y élève encore de deux mètres. Je tombe sur un béquet à peine
formé de la taille d’un poing. Je le ceinture avec une sangle, progresse deux à trois mètres encore et pose un de mes deux derniers friends. La suite me semble plus facile, la partie est
gagnée. Je rejoint le sommet et trouve une pierre qui fait un relais acceptable.
Seb me rejoint. Nous venons d’achever un vieux projet croyant répéter une voie.
Cette voie est certes un peu moins difficile que Geronimo. Mais ces 3 longueurs soutenues et homogènes en font une des voies difficiles du col de la Bataille.
Ayant de la suite dans les idées….Si, si ! Nous la nommons
donc : « Sitting Bull » !
Sitting Bull est la N°9.
Je vous promets de rajouter quelques spits au relais et même dans les longueurs…. Oh pas beaucoup ! Juste 3 ou 4 par longueur, histoire de garder un peu de piment !
Seb à la fin de la journée.
La glace est démodée, essayez
l’herbe gelée !
En ce moment "tout est bon" ! Plus d'infos sur la page Topos et sur l'article "Bataille en herbe"
.
Enorrrmmmme,
.
mais comment appels tu cette discipline " la motte tooling " !!!
En tout cas bravo, faut vraiment être "givré"
ps : j'irai faire un tour un de ces 4 sur ce fameux secteur avec une belle série de friends.
A+ Tom.
Un seul conseil pour y grimper:
Ne grimper que si la terre y est gelée. Si les mottes d'herbes s'arrachent ne pas grimper! dans ce cas, la pratique peut être très dangereuse ( une chute de 40 m a déjà eu lieu) et ça met aussi en causse la pérénité de ce terrain de jeu.
Bonne grimpe!
manu
Sinon, je suis pas Lausannois mais Neuchâtelois et je ne grogne pas, je mormone!!
A+
seb
Nice & cold!
Happy to have news from you!
After "les aiguilles du diable" I hope to climb one other times with you!
may be!
Ciao