Alpinisme, escalade, cascade de glace, France, Écosse, Mt Blanc, Oisans, Écosse, Island, Canada.... Les aventures d'un guide de haute montagne.
3 Octobre 2025
En tant que grimpeur passionné depuis les années 1970, j'ai été témoin non seulement de l'évolution de la pratique, mais aussi des outils utilisés, tels que les chaussons, les baudriers et les cordes, ainsi que de l'arrivée de nouveaux équipements comme les murs d'escalade et les perches.
J'ai même participé à cette évolution avec la création de la première salle d'escalade de Valence qui était équipée d'un des premiers pan de France en 1985.
Aujourd'hui, je vais vous parler de l'évolution des planches à doigts aussi appeler poutre d'entraînement, avec la présentation d'une bien belle réalisation qui porte en elle tout le savoir faire actuelle.
Depuis l'apparition de l'escalade, tous les grimpeurs, depuis le début du XXe siècle, se sont accrochés pieds dans le vide, soit par amusement soit pour s'exercer, sur des barres fixes, des prises de rocher ou les baguettes cachant les joints de porte.
Dès le début des années 80, un entraînement ciblé et régulier a incité certains à poser des réglettes en bois sur un panneau en contreplaqué au-dessus de leur porte de chambre pour pouvoir s'exercer à la maison.
De simples bouts de bois visés aux réglettes fabriquées en résine par un fabricant de prises d'escalade.
L'évolution qui mis le feu aux poudres fut celle qu'utilisa le grimpeur allemand Wolfgang Güllich en 1991 pour s'entraîner avant la réalisation du premier 9a de l'histoire : Action Directe.
Cette planche à doigts appelée par la suite pan Gullich combinée différentes taille de réglettes placer les unes au-dessus des autres pour permettre une évolution dynamique entre chaque réglette.
La planche à doigts s'imposa alors comme un élément polyvalent et indispensable pour l'entraînement du grimpeur moderne.
Les premières planches à doigts fabriquées par des professionnels des murs d'escalade furent d'abord réalisées en résine ; matière qu'ils maîtrisent parfaitement. De simples réglettes, les préhensions passent à des prises beaucoup plus variées et complexes. Ainsi se dessinent les premières planches modernes.
Aujourd'hui, la résine est quasiment abandonnée comme matériaux, car les silices les composants sont agressives pour les doigts.
Le bois est le meilleur matériau utilisé.
Le Royans pays d'escalade avec les fameuses falaises de Presles possède aussi une grande tradition du travail du bois, soit par son exploitation dans les forêts du Vercors, soit pour les scieries et ateliers de tabletterie qui produisaient de nombreux ustensiles de cuisine en bois.
L'Atelier WoodRock situé à Saint-Laurent-en-Royans est la création de Jonathan qui s'appuyant à la fois sur son expérience de grimpeur, de menuisier et du contexte local, produit des outils s'adressant aux grimpeurs. Bien sûr, les bois utilisés proviennent de forêts durablement gérées et la vente directe vous permet d'accéder à un produit de haute qualité pour un prix tout à fait correct.
J'utilise la planche nommée "Varappe 5-7" qui convient parfaitement à mon modeste niveau tout en offrant une panoplie de prises des plus larges allant de la traditionnelle réglette, la poignée, le plat fuyant, les bi et tri-doigts sans oublier les pincettes.
Ces différentes prises sont proposées pour les réglettes bi et tri en différentes profondeurs, profondeurs inscrites sur le côté de la prise. Posibilité rarement offerte, la préhension en pincette est possible en deux largeurs.
De quoi faire varier les exercices à l'infini.
Le travail de finition par ponçage est particulièrement soigné, avec des arrondis de passages d'une surface à une autre, doux et agréable.
Une prise centrale innovante permet le passage et la tenue soit d'un anneau de sangle soit d'un élastique de musculation pour des exercices avec allégement.
Mais ça, je vous en parlerais dans un prochain article !