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  le blog manu.ibarra

Alpinisme, escalade, cascade de glace, France, Écosse, Mt Blanc, Oisans, Écosse, Island, Canada.... Les aventures d'un guide de haute montagne.

Nouveau but, en long en large et en travers

Nouveau but, en long en large et en travers

Est-ce une obsession ? Non simplement un beau rêve, un beau voyage à réaliser.
Relier en un minimum de temps le Grand Echaillon au vallon de Combeau en hiver sans que le projet tourne en performance sportive de haut niveau.
Un essai en deux jours après une étape à Font d’Urle nous avait porté jusqu’au col du Rousset.
C’était au mois de mars et nous étions équipés de ski de fond.
Les chutes de neige précoces et généreuses de ce début décembre 2021 firent renaître en moi une envie de trace au long cours.
Autre temps, autre saison, autre matériel.
À la vue de la neige profonde annoncée, je choisi de partir équipé de ski de randonnée alpin.
Première erreur :
 d’une part la neige soit soufflé et transporté, soit déjà transformée n’était pas profonde et était praticable même avec des skis étroits comme le sont les skis de randonnée alpine. Ensuite, le relief vallonné impose de garder quasi tout le temps les peaux de phoque sur les skis.

Horizon à la lampe frontale sous le roc de Toulau.

Horizon à la lampe frontale sous le roc de Toulau.

Arrivée sur le refuge d'Ambel... Brouillard, vous avez dit brouillard ?
Arrivée sur le refuge d'Ambel... Brouillard, vous avez dit brouillard ?

Arrivée sur le refuge d'Ambel... Brouillard, vous avez dit brouillard ?

En sortie de bois le brouillard disparait.
En sortie de bois le brouillard disparait.

En sortie de bois le brouillard disparait.

Et le soleil arrive, au loin le vent transporte la neige.
Et le soleil arrive, au loin le vent transporte la neige.

Et le soleil arrive, au loin le vent transporte la neige.

Me voilà de nuits au départ du foyer de ski de fond du Grand Echaillon. La montée par la Combe de Pissenible avalé, je suis des traces en direction du col de la Bataille. Le tunnel passé deux itinéraires s’offre à moi pour contourner le roc de Toulau ; soit par la route en versant nord, soit par le chemin en versant ouest. Ce dernier itinéraire est interdit en hiver par le Conseil Général de la Drôme sauf pour les professionnels ?
Je choisis cette option.
Seconde erreur :
 l’enneigement important à complément fait disparaître le plat de la route qui n’est plus qu’une pente de neige raide. Dans l’obscurité de la nuit, à la lumière de ma frontale, j’ai du mal à suivre ce que j’imagine être le tracé du chemin sans compter sur la trace pénible à faire dans cette neige roulée.
Arrivée un peu avant le pas du Gouillat, je tombe sur une trace en partie effacée qui arrive d’Omblèze. Traversant la forêt de fayards dans un brouillard de plus en plus épais, je rejoins le refuge d’Ambel en faisant appel à mon sens de l’itinéraire avec une visibilité limitée à une vingtaine de mètres. Le refuge est fermé pour cause de travaux par une porte blindée. Quittant les skis, le sac et les bâtons, je mange et bois un peu quand tout à coup un chien surgit du derrière de la bâtisse en aboyant. Un provocant : « Un petit café ! « m’apostrophe. Surpris, je n’ai pas eu la présence de répondre : « J’amène les croissants ». C’était un couple qui venant d’Omblèze à l’origine des traces que j’ai rencontrées, qui cherchant à rejoindre le refuge de Gardiol, c’était perdu la vieille au soir et qui après avoir tourné plusieurs heures dans le brouillard et tombé sur le refuge d’Ambel et a donc passé la nuit sous une avancée de toit extérieur. À leur demande, je leur indique ma trace pour regagner Omblèze en suivant mes traces pour quitter ce plateau sous le brouillard.

Je rechausse mes skis et dans un brouillard toujours épais et je gagne le fond du vallon puis en suivant mon instinct qui me trompe et me mène trop à droite, je sors des bois dans les pentes du scialet des Quatre Gorges. Le brouillard se dissipe et je suis les prairies en direction du pas de l’Infernet.

Neige soufflée, au loin le pas de l'Infernet et les passages du brouillard.
Neige soufflée, au loin le pas de l'Infernet et les passages du brouillard.
Neige soufflée, au loin le pas de l'Infernet et les passages du brouillard.

Neige soufflée, au loin le pas de l'Infernet et les passages du brouillard.

Vue sur le Grand Veymont à l'est et le roc de Toulau à l'ouest.
Vue sur le Grand Veymont à l'est et le roc de Toulau à l'ouest.
Vue sur le Grand Veymont à l'est et le roc de Toulau à l'ouest.

Vue sur le Grand Veymont à l'est et le roc de Toulau à l'ouest.

La neige est soit absente arrachée par le vent qui s’amplifie, soit elle reste sous forme de crêtes-de-coq forts désagréable à skier. Plus le pas de l’Infernet approche, plus son nom se justifie. Le vent force tant que plusieurs fois, il me bouscule, pousse mes bâtons en travers de mes skis et fini malgré ma paire de gant tout à fait correcte par geler mes doigts. À l’heure où j’écris ces lignes, j’ai toujours les doigts engourdis par un fourmillement conséquence de ce début de gel.
Je bascule rapidement sur le versant Font d’Urle et je rejoins pour manger et boire à l’abri les cabanes du Serre de Montué. Il me reste à traverser ce plateau lunaire en direction de la crête des Gagères. Le vent se calme. Au bout sud de cette crête, au puy de la Gagère, je perds le GR et rejoints la piste forestière en contre bas par une descente en sous-bois dans une neige profonde. La piste est comme le reste de mon itinéraire, est vierge de toute trace. À l’abri du vent, bien exposée au soleil, je laisse une trace profonde. Dès la combe de Gaza, des traces de traîneaux à chien apparaissent.

Piste  sous les Gagères et la cabane du Lauset.
Piste  sous les Gagères et la cabane du Lauset.

Piste sous les Gagères et la cabane du Lauset.

Sa botte ! Arrivée sur le col de Chironne.
Sa botte ! Arrivée sur le col de Chironne.

Sa botte ! Arrivée sur le col de Chironne.

Chemin de Chironne et vue plongeante sur la route du col du Rousset.
Chemin de Chironne et vue plongeante sur la route du col du Rousset.

Chemin de Chironne et vue plongeante sur la route du col du Rousset.

Je rejoins la cabane forestière du Lauset. Il est 16 heures, cela fait 10 heures que je suis parti et la nuit va tomber dans une heure. Je fais le choix de m’arrêter là. J’ai dû couvrir aujourd’hui plus de 30 kilomètres. Une ampoule me fait souffrir.
Nouvelle erreur : je n’aurais pas dû partir avec des chaussures que je n’avais jamais portées aussi longtemps dans la journée.
À 18 heures, j’ai mangé et je me suis blotti au fond du duvet le plus chaud que j’ai. Il a connu plusieurs expéditions hivernales dont une face nord de l’Eiger, non seulement, il ne me provoque pas d’ampoule, mais je m’y suis toujours endormi profondément.
Il est 5 heures le réveil sonne, je le coupe et le froid qui emplit la cabane me pousse à repousser le levé.
Je me réveille en sursaut… Il est 8 heures !
Je prends conscience tout de suite que l’opportunité de rejoindre le vallon de Combeau aujourd’hui s’échappe. Comme dit le proverbe italien, la chance est chevelue devant et chauve derrière.
Résigné, je déjeune et prépare calmement mon équipement. Mon ampoule, pourtant traitée par le dédain, est toujours là. Elle signale sa présence par une douleur constante.
Je rejoins le bas de la plaine des Trois Frères, malgré une trace de traîneaux, mes skis bottent. Je finis par rejoindre le col de Chironne en portant les skis.
Résigné, j’enlève les peaux et je me laisse glisser jusqu’à rejoindre la D518 à l’entrée du tunnel du col du Rousset.


 

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B
Merci pour ce partage de trace. J'adore. Ça donne envie d'y participer.
Et que de belles photos.
👍🏻🙏
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M
Une aventure quand même!! de belles photos. je suis fan de ces plateaux, du Vercors!! superbe
Mary
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M
Eh oui, c'est beau, sauvage et tout proche !